COMMENTAIRES : SALAR

A 3600 mtres d'altitude, Il y a 1,8 millions d'annes, un immense lac recouvrait l'altiplano dont les Lipez. 
A partir de 8.000 ans avant notre re, un changement radical climatique eut lieu. Une priode de forte aridit s'instaura
 peu  peu. Ce qui engendra le recul des glaciers et l'asschement du lac. L'hritage de ce bouleversement se voit 
aujourd'hui avec la prsence des salars de COIPASA et d'UYUNI mais aussi de petits lacs sals rsiduels. 

La superficie du salar de COIPASA atteint 2.500 kms2, et celui d'UYUNI, plus de 10.000 kms2, soit 2 fois la superficie
 du grand lac sal des Etats Unis. C'est donc le plus grand salar de notre plante.

Nous avions dcid de traverser le salar de COIPASA et d'UYUNI. La traverse de ce dernier entre LLICA et COLCHANI 
reprsente plus de 150 kms. Pour profiter au maximum de cet univers irrel, deux jours ont t ncessaires. Nous traversons 
une immensit semblable  une mer fige. Cette couche de sel, aussi dure que du bton, parfois tachete de poussire ocre 
amens par les vents, est dcore de motifs gomtriques en relief qui se rptent  l'infini comme une gigantesque rsille
 soigneusement tendue. La structure interne est connue par un sondage de 121 mtres de profondeur. Douze croutes de sel
 successives, d'une paisseur de 10  20 mtres alternent avec des couches de 0,5  13 mtres de sdiments comme le lithium,
 le potassium et le bore. Les motifs exagonals sont le fait de l'vaporation de l'eau sale  la suite de la saison des 
pluies. L'cart de temprature entre l'ombre et la partie ensoleille, est quant  lui phnomnal. Le thermomtre 
indique 2  l'ombre d'une sacoche et 35 au soleil. En priode sche, la temprature minimal peut dpasser les -25. 

Un paysage inoubliable, scintillant de mille feux se dploie sur des kilomtres carrs. Des horizons  l'infini, des 
illusions, des mirages suggrs par les effets d'optique dconcertants, le plus grand lac de sel de la plante nous laisse 
rveur. Dans cette immensit lumineuse de blancheur, sous un ciel d'un bleu blouissant, il est impossible d'valuer les
 distances. Ce dsert de sel est parsem de petits ilots o poussent des cactus candlabres et autres vgtaux, et vivent 
quelques animaux comme la vizcacha, une sorte de gros rongeur. Les les sont presque dsertes, mystrieuses, telles des
 vaisseaux fantmes sur un ocan irrel. 

Le salar est exploit par raclage et dcoupage en bloc, depuis plus de 1000 ans avant notre re. Le sel, auquel on rajoute
 de l'iode car il n'est pas d'origine marine, est destin au btail et  la consommation humaine. Protgs des pieds  la
 tte, en raison de la forte rverbration de la luminosit sur le sel, les mineurs raclent, dcoupent, ramassent mtre 
aprs mtre ce satan sel qui leur ronge la peau et les os, et les rend aveugles s'ils ne portent pas de lunettes de soleil
 efficaces. Les ouvriers du Salar ignorent que l'absence d'iode favorise le crtinisme dont sont frapps les paysans des
 villages perdus dans les montagnes.Cependant, il existe quelques centres de traitement aux mthodes traditionnelles: 
le sel est sch dans des anciens fours en pierre, raffin et emball dans des sachets de plastique par des enfants 
de 10 ans qu'ils mettent dans des sacs de 50 Kgs. Une production annuelle d'environ 25 000 tonnes ne risque pas d'puiser 
les 10 milliards de tonnes estimes du gisement. La misre rgne en matre partout en Bolivie. Pour un salaire de misre, 
ils triment toute la journe avant de rejoindre leur masure pour manger leur soupe de pomme de terre agrmente d'un morceau 
de viande de lama. 

Il fait bon vivre en France, on vous assure !!!!! 